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L’ÉTÉ DE TOUS LES DANGERS !

13 Oct 2018
L’ÉTÉ DE TOUS LES DANGERS !

Températures exceptionnelles, incendies, sécheresse… l’été de tous les dangers
L’hémisphère Nord vient de passer un été hors norme, marqué par des températures extrêmes et des événements climatiques exceptionnels. La France aussi où nous venons de vivre le deuxième été le plus chaud de notre histoire.

Dans la vallée de la Mort, qui n’a jamais aussi bien porté son nom, on enregistrait 52,9 °C le 27 juillet, une valeur historique pour cette région de l’Ouest américain. En Algérie, dans la ville du sud ouest de Ouargla, le thermomètre a pulvérisé le record jamais enregistré pour le continent africain avec 51 °C. C’était le 5 juillet. Quelques jours plus tard, bien plus à l’ouest à Kyoto au Japon, le mercure est, lui aussi, monté en flèche avec un 39,8 °C, encore une fois inédit. Il a fallu un typhon pour faire baisser le thermomètre…

Ces chaleurs extrêmes ont causé plus de 70 morts au Canada et encore davantage au pays du Soleil-Levant. En Californie, des incendies gigantesques dus à la sécheresse ont également tué. Et, même au pôle Nord la chaleur a fait des dégâts : la mer de glace la plus ancienne et la plus solide s’y est fracturée deux fois cette année. « C’est beau et effrayant » commente Thomas Lavergne, un scientifique français de l’Institut météorologique norvégien. Faut-il continuer l’énumération ? L’été s’est hissé directement dans le top trois des plus chauds au niveau mondial. Et le réchauffement climatique est en cause.

La France n’a pas fait exception. En moyenne on a enregistré 23,1 °C entre le 1er juin et le 31 août. C’est 3,2 °C au-dessus des normales de saison. « C’est le deuxième plus chaud en France depuis le début des relevés devant… l’été dernier ! » indique le spécialiste Patrick Galois. Les années se suivent et se ressemblent, rien de nouveau sous le soleil donc ? Pas vraiment… « Les étés 2017 et 2018, avec des températures élevées ne présentent pas le même profil, pointe l’ingénieur prévisionniste chez Météo France. En 2017, la canicule a été précoce, on enregistrait par exemple 37 °C à Paris le 20 juin. Cette année, tout le mois de juillet et jusqu’à mi-août, les chaleurs étaient mieux réparties dans le temps ».

La séquence exceptionnelle du 24 juillet au 8 août a vu se multiplier les alertes canicule particulièrement dans le quart nord-est du pays. Ainsi, de manière plutôt inattendue, Lille (Nord), la capitale des Ch’tis a pris immédiatement la première marche du podium avec 37,6 °C. A Béziers (Hérault), pourtant habitué à suffoquer l’été, on a « eu la fièvre » à 41,3 °C le 4 août, la plus forte jamais eue ! La nuit même à Perpignan, le mercure n’est jamais descendu sous les 30 °C, il faut remonter à 1933 pour s’approcher de telles étuves.

« La nuit est importante, car dans ces conditions, les organismes ne peuvent pas redescendre en température et prendre du repos », signale Patrick Galois. Corollaire de ses sommets, la pollution de l’air. De la frontière nord à la vallée du Rhône en passant par Paris, on a connu des pics d’ozone. Or, respirer beaucoup de ce polluant peut provoquer asthme, encombrements des bronches et irritations oculaires.

Cap au Nord pour éviter de cuire ! Mais les humains ne sont pas les seuls affectés. Animaux et végétaux sont aussi bouleversés par la fournaise. Particulièrement dans l’océan qui capte plus de 90 % de la chaleur émise par les gaz à effets de serre de nos autos et de nos industries. Les scientifiques décrivent déjà des migrations de poissons qui mettent cap au Nord pour éviter de cuire.

Conséquence incroyable, en Alsace, parce que l’évaporation a chassé l’oxygénation des cours d’eau, on pêchait les poissons pour les sauver en les relâchant dans des cuves enrichies en O2 !

 

Source : http://www.leparisien.fr/societe